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COMMUNIQUE DE PRESSE (le 18/08/2006 à 14h54)
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transferts photographies de caroline rose ruelle Les perspectives sont souvent fuyantes, une raison suffisante pour s’y accrocher. Un
jeu de cache-cache où la photographe Caroline Rose Ruelle flirte avec
une émotion sourde, apaisée, poétique, vibrante. Des entrelacs de
courbes et de lignes droites aux points de fuite qui vous happent, des
contre-plongées écrasantes comme soutenues dans le vide par ces percées
de ciel aussi opaques que les constructions photographiées. Il
y a de l’apesanteur dans l’écrasement que l’on ressent, comme si
l’acceptation d’être dominé par son sujet libérait la toute-puissance
architecturale de ses carcans. Il y a des courants d’air aussi dans les
corridors sombres et voûtés, sur les jetées troubles des docks, au
travers des verrières Eiffel. Autant de structures industrielles en
sursis, altérées ou tombées en désuétude, des traces du passé, une
leçon à tirer de l’ère industrielle, telle cette grue, désormais
classée monument historique. L’atmosphère
sépia participe de cette nostalgie. Ce sont les réminiscences d’une
enfance dorée dans un Orient idéalisé, la quête de ce lien que l’œil
capte au hasard des jardins, portiques et balustres. Des vestiges d’un
temps ancien comme un négatif qui se révèle, une atmosphère où plane
une note antique, où les plantes mêmes semblent figées, contrites face
à ce paradis perdu, acceptant leur nature morte. Alors
les ombres se rebellent, se montrent mystérieuses, certaines sont
chinoises, toutes revendiquent leur part de vivant, d’aucunes se
répondent même du négatif au positif suivant la technique employée de
transfert ou transfert d’émulsion. Elles acceptent la distorsion, la
coloration voire la disparition quand le surnaturel survient par
accident. La chimie du négatif qui s’est répandue en formes aléatoires
se rachète de cette intrusion en se faisant la plus fine possible,
translucide comme la gélatine d’une méduse, fragile comme de la feuille
d’or. Là
intervient le jeu de matières où le sujet photographié s’efface
derrière les aplats de couleurs, les oppositions de transparence et
d’opacité, où le cliché se soumet à la rugosité du Velin d’Arch sur
lequel il est appliqué. L’abstraction
n’est pas loin, une rive que l’on ne perd jamais de vue, sur laquelle
on peut s’arrimer, qui n’est pas une fin en soi mais une escale. Car le
mouvement l’emporte toujours, quelque soit son rapport au temps. Une
dynamique où la lumière redevient nourricière, notamment au travers des
portraits et retrouve sa fonction première, donner corps, donner vie. Sylvie Bonnet |
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Biographie (le 08/02/2006 à 19h34)
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Luxuriances. L’architecture, l’habitat, la nature et les hommes m’ont toujours gravé les cellules rétiniennes. Une vie constellée d’exodes et de voyages m’ont ouverte au monde, à ses formes, à ses couleurs, à ses lieux de vie. J’ai
couru mon enfance carthaginoise sur les dalles de vestiges prestigieux
et mes yeux contemplaient en contre-plongée les chapiteaux romains qui
jalonnent ces collines méditerranéenes. J’ai
retrouvé ces émotions de l’enfance en découvrant Nice, avec ses
splendeurs belle-époque, ses jardins exotiques et sa lumière
exceptionnelle. Mon
chemin professionnel a croisé celui de l’industrie du cinéma et après
avoir fait mes armes aux Studios de la Victorine, j’ai choisi ma voie.
Celle de trouver les lieux où quelques temps après mon passage
photographique, une équipe de magiciens débarquerait et où chacun
jouerait de ses artifices au mot « moteur ». La
recherche de lieux de tournages m’a plongée dans des univers variés et
vers des recherches approfondies : Palaces, villages, églises,
domaines, villas et jardins… Pour
parfaire ma technique et gagner en liberté, j’ai suivi un cursus
photographique à l’Ecole Louis Lumière, où j’ai eu accès des techniques
étonnantes. Ma
démarche est d’allier trois centres d’intérêt : la photographie,
l’architecture et ses passerelles tendues entre les rives des
continents . J’emploie un procédé photographique qui me conduit à cette réalisation : le transfert photographique sur velin d’arch. Le
résultat est onirique. S’agit-il de photos anciennes, de tableaux
? Les détails sont si précis … Cependant, ces couleurs…
légèrement passées … on se replonge dans l’ambiance guindée des studios
photographiques d’époque, où l’on s’appuyait fièrement sur une fausse
balustre, devant un jardin en trompe-l’œil, pour graver dans la mémoire
familiale un jour de première communion. La photographie en main, on sent sous ses doigts le relief du papier velin, sa douceur, son grain, ses bords irréguliers … L’œuvre est unique, artisanale. Je tente d’y imprimer mes émotions, mon imaginaire, ma vision. Caroline Rose Ruelle |
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